· Sénégal: Des marchés à prendre dans le tertiaire
Le Sénégal évoque d’abord pour les Marocains des liens spirituels et des valeurs communes. Le secteur tertiaire dans ce pays est un attrait certain. Il a contribué à hauteur de 64,5% au PIB en 2008. Le cadre juridique bilatéral (54 accords couvrant presque tous les secteurs), dont l’exonération des droits d’importation pour les produits de base originaires de 34 d’Afrique parmi lesquels le Sénégal. La 1re destination des investissements marocains à l’étranger avec 1,43 milliard de DH en 2008. Les grands chantiers de l’Etat offrent des opportunités BTP, services ingénierie, habitat social… La notation pays par la Coface est B pour environnement des affaires moyen.
Le moins pour ce pays, porte d’entrée du business marocain sur le marché africain, ce sont les retards de paiement de l’Etat qui ont perturbé le secteur privé. Plus d’une cinquantaine d’entreprises marocaines y sont installées. Le monopole de Royal Air Maroc sur cette destination la rend moins accessible pour un homme d’affaires, en plus de tarifs assez élevés. Pour le même temps de vol qu’un Casablanca-Paris, on paie quasiment deux fois plus cher pour se rendre à Dakar. Et, qui plus est, les deux vols quotidiens sont nocturnes.
L’absence de liaison maritime directe, l’irrégularité des lignes ou encore l’absence de cadre juridique incitatif. En cause, la suspension de l’accord commercial préférentiel de 1981, suite à l’entrée en vigueur du tarif extérieur commun (TEC) de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA).
· Mali: Pharmacie, agro-industrie… les secteurs qui marchent
Dans ce pays longtemps abandonné au profit des entreprises algériennes et libyennes, où tout est à faire, se révèle être une destination d’affaires intéressante pour les opérateurs marocains. Ses principales importations sont des produits alimentaires, biens d’équipements miniers, pétroles et énergie. Son PIB est formé à hauteur de 38,5% par le tertiaire, 37% le primaire et 24,5% le secondaire.
Comme le Sénégal, le Mali est membre de l’UEMOA. A ce titre, il est soumis au TEC. Les seuls avantages connus à ce jour pour faire du business avec ce pays, c’est le cadre juridique: accords commerciaux surtout. Ou encore le projet de faisabilité d’une société mixte de trading maroco-malienne impliquant, d’un côté, l’actuel CMPE, donc Maroc Export, et l’Asmex, et de l’autre, leurs homologues maliens. Un mémorandum d’entente relatif à la coopération industriel est toujours en examen par la partie malienne.
Les faiblesses sur cette destination ont également pour nom inaccessibilité (monopole de Royal Air Maroc), absence de moyens de transport et de moyens logistiques et de suivi des actions de promotion de la coopération bilatérale. Ce pays noté C par la Coface donne à voir un environnement des affaires difficile mais pas insurmontable. Les autorités maliennes ont fait montre de pragmatisme lors du passage de la caravane de l’export. Ils ont soumis une liste de demandes à Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur. Les entreprises marocaines de TI, le secteur de la pharmacie, l’agro-industrie et le BTP sont fortement sollicités dans ce pays.
· Côte d’Ivoire: Banque, immobilier… les pistes
C’est la destination d’affaires la moins évidente pour les Marocains, il y a encore peu. La note de la Coface, C, pour environnement des affaires difficile n’y change rien. Ce marché de plus de 19 millions de consommateurs est membre de l’UEMOA. Le tertiaire forme pour 46,4% le PIB de la Côte d’Ivoire en 2008, suivi du secondaire 28,4% et du primaire 25,1%. Le plus serait l’aboutissement de l’accord commercial et d’investissement avec l’UEMOA dont elle est membre qui est en cours de négociation. La prise de participation d’Afriquia dans Pétro-Ivoire de 45% ou encore de 36% de Simgaz (fabrication de bouteilles à gaz pour la sous région). La présence du groupe Miloud Chaâbi dans le logement (6.000 unités) et la prise de participation dans le CIH ivoirien de 10% ouvraient la voie aux entreprises marocaines dans ce pays. Les deux récentes affaires signées Attijariwafabank et IB Maroc (voir L’Economiste du 22 décembre 2009) ont fini de faire de ce pays une véritable destination du business marocain. Reste à régler les mêmes problèmes de monopole de RAM dans le transport aérien, l’absence de liaison maritime directe…"
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